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mardi 29 mai 2007

7. Onze bonnes raisons pour rejeter l'hypothèse du tombeau de Talpiot.

Ce texte a été révisé le 28 mars 2008. Auparavant il était publié sous le titre "Dix bonnes raisons..."
Ce mardi 29 Mai ’07, le documentaire « Le tombeau de Jésus » a été transmis par TF1. Il a été vu par beaucoup de téléspectateurs et animera bien des débats. J’ai promis à plusieurs d’entre vous d’écrire un article qui résume quelques raisons principales pourquoi nous affirmons que ce tombeau n’a rien à voir avec un éventuel tombeau de la famille de Jésus. Pour plus de détails, lisez les autres articles.

1) La famille de Jésus était originaire de Nazareth.

Tout d’abord, il est improbable que la famille de Jésus ait disposé d’un tombeau taillé dans le roc, car seul les plus riches pouvaient se le permettre. La famille de Jésus n’en avait pas les moyens.
Et si la famille aurait quand-même eu un tombeau familial, alors c’était à Nazareth où elle résidait. Ceux qui construisaient des tombeaux le faisaient proche de la ville où ils résidaient. La découverte récente du tombeau d’Hérode en est un bon exemple. Le défunt devait être enterré dans les 24 heures après le décès : impossible de parcourir les plus de 100 km de Nazareth à Jérusalem pour y être enterré. S’il y avait un tombeau familial, c’était en Galilée.

2) L’ensevelissement dans le tombeau de Joseph d’Arimathée prouve que la famille de Jésus n’avait pas de tombeau à Jérusalem.

Si la famille de Jésus disposait d’un tombeau à Jérusalem, c’est là qu’il aurait été enterré. Le fait que son corps ait été placé dans le tombeau de Joseph d’Arimathée, prouve que la famille de Jésus n’avait pas de caveau dans les alentours. D’autre part, la loi juive permettait de se servir temporairement d’un caveau avant d’enterrer le défunt ailleurs. Sans tombeau familial dans les alentours, les disciples auraient pu enterrer le corps de Jésus en pleine terre quelques jours plus tard. Mais dans ce cas, les os n’étaient jamais déterrés pour être placé dans un ossuaire. L’ensevelissement du corps de Jésus dans le tombeau de Joseph d’Arimathée (admis par tous), rend toute découverte d’un ossuaire de Jésus à Jérusalem totalement impossible !

3) L’ossuaire de « Mariamenou » n’a pas appartenu à Marie-Madeleine.



L’étude récente du professeur Pfann lit l’inscription « Mariame et Mara ». « Mariame » est une variante du nom « Marie » portée par 21,4 % des femmes, et « Mara » est une abréviation de « Martha », nom porté par 6,1 % des femmes. Il s’agit donc d’un ossuaire ayant contenu les restes de deux femmes décédées à des moments différents. A Jérusalem, des milliers de femmes s’appelaient « Marie ». Rien n’indique l’origine araméenne de Migdal d’où provenait Marie-Madeleine, rien n’indique son milieu araméen (l’inscription est en grec).
M. Jacobovici se base sur les Actes de l’apôtre Philippe pour identifier l’ancienne lecture « Mariamenou » à « Mariamne » qui, selon lui, n’est autre que Marie-Madeleine. Cette identification pose plusieurs problèmes : Marie-Madeleine aurait été plus que centenaire puisque "Mariamne" est décédée après l'an 105 de notre ère, et comment peut-elle avoir été placée dans un ossuaire à telle date tardive, car cette pratique a disparu depuis la destruction de Jérusalem en l'an 70 (affirmé par les auteurs, p. 39) ! D’autre part, cette « Mariamne » était supérieure aux autres apôtres car elle ne s’est pas livrée à la procréation ! Son image ne correspond donc pas à l'épouse de Jésus ou à la mère de Juda. Finalement, l’affirmation de son décès à Jérusalem par M. Jacobovici est fausse (p. 275) : les Actes de Philippe (Martyre 42, p. 240) mentionnent uniquement que "Marianne (partit) vers le fleuve Jourdain.".

4) L’ossuaire de « Mariah » n’a pas appartenu à Marie la mère de Jésus si le nom est d'origine latine.

Les auteurs prétendent que l’inscription du nom « Mariah » est la version latine du nom biblique Myriam en lettres hébraïques. Dans les Evangiles, Marie est pourtant souvent nommée de son nom hébraïque « Mariam ». C’est ainsi qu’on l’appelait manifestement dans la vie de tous les jours (cf. Matthieu 13 : 55). En Israël il n’y avait pas de mini-Vatican avant la lettre qui se servait du Latin. Dans la famille de Jésus et parmi ses disciples, l’Araméen était la langue parlée. Le Latin était la langue des occupants romains : impossible que le nom de Marie ait été d’origine latine. Dans l'optique de l'origine latine de M. Jacobovici, il est exclu que cet ossuaire ait appartenu à Marie, la mère de Jésus !

5) Sur 9 noms, au plus 5 correspondent à la famille de Jésus et 4 ne conviennent pas.

Bien que le premier nom de l’inscription « Jésus fils de Joseph » soit contesté, nous le maintenons comme une possibilité. Le nom de Joseph correspond au père de Jésus, et bien que l’identification de « Josah » avec « Joses » (frère de Jésus en Marc 6 : 3) soit problématique, ce nom est une variante du nom de Joseph et nous l’acceptons. En outre, nous admettons la possibilité que le nom « Mariah » soit une translittération à partir du Grec, ce qui convient pour la mère de Jésus. La lecture « Mariamenou » est abandonnée et a été remplacée par « Marie et Mara ». Cette « Marie » peut trouver sa place dans la famille de Jésus, p.ex. la femme de Clopas, qui selon certaines traditions était le frère de Joseph (Jean 19 : 25). Etant le plus large que possible, nous trouvons au plus 5 noms qui correspondent à la famille de Jésus de Nazareth.
En même temps, le nom de l’ossuaire de « Matia » et « Juda fils de Jésus » ne correspondent pas à la famille de Nazareth. Remarquez bien que ce "Jésus" ne correspond pas à la personne de Jésus de Nazareth : nous comptabilisons son nom parmi ceux qui ne conviennent pas. Finalement, le nom de « Mara » est inconnu dans la famille de Jésus. En total 4 noms posent problème dans la famille du Christ.
Le résultat est très contrasté : 5 noms positifs et 4 négatifs ! Comment expliquer autant de noms qui ne conviennent pas dans la famille de Jésus ?

6) Aucun ossuaire n’a la moindre indication d’une origine galiléenne.

Le professeur L.Y. Rahmani, a constaté que quand quelqu’un qui n’était pas originaire de la région était enterré dans un tombeau de Jérusalem, son lieu de provenance était indiquée, p.ex. Simon de Ptolémaïs. Si le tombeau de Talpiot appartenait à la famille de Jésus, au moins plusieurs ossuaires devraient indiquer son lieu d’origine : Jésus de Nazareth, Marie de Magdala, … Ou aucun ossuaire ne porte la moindre indication d’une localité non-Judéenne. Cette absence totale indique que le tombeau appartenait à une famille originaire de Jérusalem !

7) La probabilité d’avoir trouvé le tombeau de Jésus ne se situe qu'entre 0 % et 0,94 %.

Le professeur de statistiques Andrey Feuerverger a calculé une probabilité de 1 sur 600 que ce tombeau ne soit pas celui de Jésus. Dans ses calculs de probabilité il a supposé que « Mariah » doit être identifiée à « Marie » mère de Jésus, « Mariamenou » à Marie-Madeleine et il ne tient aucun compte du doute quant au nom de « Jésus ». Nous avons corrigé le calcul par la suppression du facteur « Mariamenou » et la division par deux du facteur « Jésus » pour intégrer l’élément du doute. Nous avons ainsi obtenu une probabilité de 59,84 % que ce tombeau soit celui de Jésus.
En plus, nous devons intégrer le fait que sur aucun des ossuaires le lieu d’origine n’ait été indiqué. La logique est de multiplier le résultat de 59,84 % avec la probabilité de l’oubli du lieu d’origine sur chaque ossuaire. Nous avons retenu le chiffre le plus médian de 50 % (pour chaque inscription du lieu d’origine il y a eu un oubli sur un autre ossuaire). Dans ce cas, nous obtenons la probabilité de 59,84 % x 50 % x 50 % x 50 % x 50 % x 50% x 50 % = 0,94 %. Ce chiffre ne tient pas compte de la probabilité de la non-vérification par les Juifs dans le tombeau familial lors de la découverte du tombeau vide de Joseph d’Arimathée ainsi que d’autres facteurs. Dans tous les cas de figure, la probabilité que le tombeau de Talpiot soit celui de la famille de Jésus est inférieure à 0,94 %. Tenant compte du facteur que les Juifs auraient presque certainement vérifié dans le tombeau familial si le corps de Jésus ne s’y trouvait pas, nous pensons que la probabilité se situe entre 0 et 0,11 %.

8) Les analyses de l’ADN ne prouvent rien du tout.

Seul l’ADN mitochondrial des ossuaires de « Jésus fils de Joseph » et de « Mariamenou » a été analysé. Le résultat est que ces deux personnes n’avaient pas de relation par leur mère, ils n’étaient donc ni mère et fils, ni sœur et frère. La conclusion présentée par le livre/documentaire est qu’ils étaient mariés.

Ou, tout en respectant le résultat des analyses bien d’autres relations étaient possibles : « Mariamenou » pouvait aussi bien être demi-sœur, belle-sœur, tante, cousine du côté paternel, ou nièce par rapport à « Jésus ». Il est donc improbable qu’ils étaient mariés. Pourquoi l’ADN des autres ossuaires n’a-t-il pas été examiné, y compris celui de Jacques dont Mr. Jacobovici atteste la présence d’ossements dont les traces sont connues ? Ce travail est tout sauf un travail d’experts !

9) Si l’ossuaire de Jacques a fait partie de ce tombeau, alors il le disqualifie.

L'équipe de Mr. Jacobovici a analysé la patine des parois de l’ossuaire de Jacques, des autres ossuaires et des murs du tombeau de Talpiot pour démontrer qu’ils ont tous une signature commune. Puis il l’a comparée avec des patines d’ossuaires venant d’autres tombeaux, révélant une signature différente. Ainsi, il pense avoir prouvé que l’ossuaire de Jacques provenait du tombeau de Talpiot. Dans ce cas, la probabilité serait de 50 fois plus élevé qu’il s’agisse du tombeau de Jésus.
Il y a pourtant un grand problème. L’historien Hégésippe écrit au 2e siècle que Jacques, lapidé en l’an 62, a été enterré en pleine terre, pas dans un tombeau dans les rochers. Ces ossements n’étaient jamais déterrés pour être placés dans un ossuaire. De son temps, une stèle marquait toujours l’endroit où Jacques était enterré. C’était juste en face du temple de Jérusalem. Ou le tombeau de Talpiot se trouve à plus de 2 km de Jérusalem, à un endroit d’où il est impossible de voir la ville. Conclusion : l’ossuaire de Jacques n’est pas celui de Jacques le frère du Seigneur. S’il se trouvait dans le tombeau de Talpiot, il le disqualifie comme tombeau de la famille de Jésus !

10) Si Jésus était enterré dans ce tombeau, il n’y aurait jamais eu de religion chrétienne.


Le tombeau de Talpiot était grand et connu. Tous les habitants de Jérusalem savaient à quelle famille il appartenait. S’il avait appartenu à la famille de Jésus, c’est là que les autorités de Jérusalem se seraient rendues dès le matin de Pâques pour effectuer leurs recherches. Cela ne leur aurait pas pris une heure pour vérifier que le corps de Jésus était bien couché sur un des lits funéraires (les os étaient placés dans l’ossuaire un an plus tard). Si Talpiot était le tombeau de la famille de Jésus, les autorités juives n’ont pas pu ne pas aller vérifier sur place et il n’y aurait jamais eu de religion chrétienne.

11) Il est impensable que des disciples qui avaient volé le corps, aient proclamé avec autant de conviction la résurrection de Jésus.

Pour M. Jacobovici, les disciples auraient déplacé le corps de Jésus juste avant l’arrivée de la garde romaine. Dans ce cas, ils savaient que Jésus était toujours mort. Alors, comment ces hommes ont-ils pu proclamer avec autant de conviction la résurrection de Jésus-Christ ? Pierre l’a annoncée avec passion depuis le jour de la Pentecôte (Actes 2 : 24 – 32) et encore 30 ans plus tard (1 Pierre 1 : 3 etc…). Un médecin allemand non-chrétien, le Dr. D.F. Strauss, avoue : L’historien doit se rendre compte que les disciples croyaient vraiment que Jésus était ressuscité.
Et il y a plus pertinent : tous les 11 apôtres auraient-ils proclamé un mensonge tout le long de leur vie ? Dix d’entre eux sont morts martyrs : comment expliquer qu’aucun d’eux ne soit revenu sur ses déclarations, ne fut-ce que pour sauver sa vie ? Tous seraient mort dans le mensonge : est-ce probable, est-ce conforme à l’enseignement de Jésus (Matthieu 5 : 27, Jean 8 : 44, 14 : 6) ?


Devant toutes ces évidences, il est impossible de maintenir que ce tombeau ait contenu les restes de la famille de Jésus de Nazareth. Pas étonnant que de nombreux spécialistes ont abandonné ce Titanic en perdition. Le professeur Stephen Pfann dont le nom figure sur le site officiel du Jesus Family Tomb, est un des grands épigraphistes qui rejette avec grande compétence l’hypothèse de l’équipe de M. Jacobovici.

Pour terminer, permettez-moi de prolonger les dizaines d'heures de recherche et de proclamer : Jésus est vraiment ressuscité !

Emile Carp

vendredi 25 mai 2007

2. L'archéologie permet-elle d'identifier le tombeau de Talpiot avec celui de Jésus ?

Les quelque 900 tombeaux taillés dans les rochers calcaires de Jérusalem du premier siècle avant notre ère jusqu’à la destruction de Jérusalem en l’an 70 comportaient une antichambre surmontée d’un monument devant l’entrée proprement dite qui donnait accès au tombeau. Ainsi, chaque tombeau était facilement reconnaissable. Un court couloir descendait dans la chambre funéraire. Des lits funéraires étaient taillés dans les murs, et au niveau du sol des niches funéraires (loculi) accueillaient les ossuaires, lourdes boîtes en pierre dans lesquels les ossements étaient rassemblés. Vers l’an 10 avant notre ère, la coutume des ossuaires est apparue. Un an après les funérailles quand le corps était totalement décomposé, les restes des os étaient placés dans un ossuaire. Quelque fois, le nom du défunt était inscrit sur une des faces extérieures. Le tombeau de Talpiot a tous les caractéristiques d’un tombeau de cette période : il avait une antichambre avant l’entrée dont les derniers restes ont été détruits par les bulldozers, une grande chambre funéraire avec deux lits funéraires, et pas moins de 6 niches. Selon le professeur Craig Evans, 35 personnes auraient été enterrés dans ce grand tombeau, dont la moitié dans les dix ossuaires. (1) Il a servi pendant trois ou quatre générations, a donc été construit bien avant la mort de Jésus le vendredi 3 avril de l’an 33.

L’autre mode de funérailles était l’inhumation en pleine terre. (2) C’était le cas pour la plus grande partie de la population qui ne pouvait se payer un tombeau coûteux. Une tranchée était creusée avec au fond une cavité cylindrique dans lequel le corps était posé, entouré d’un linceul. La cavité était fermée avec des briques, puis la tranchée remplie de terre. Une stèle pouvait être érigée au-dessus de la tombe pour identifier l’endroit. Les restes du défunt n’étaient jamais déterrés pour être placés dans un ossuaire. L’emploi des ossuaires n’est attesté que dans le cadre des tombeaux taillés dans le roc.

Difficultés d’identification du tombeau de Talpiot comme étant celui de la famille de Jésus :

(1) La famille de Jésus n’était pas riche.
Lors de sa présentation au temple, ses parents offraient en sacrifice une paire de jeunes pigeons (Luc 2 : 23), le sacrifice des pauvres, et son père d’adoption Joseph était charpentier (Matthieu 13 : 55). Tous les renseignements dont nous disposons excluent que la famille avait les moyens de se faire tailler un caveau dans les rocs, surtout quand il est évident que ce tombeau existait bien avant que Jésus ne commence son ministère public. Il est donc exclu de compter sur la libéralité des disciples fortunés de Jésus : dans ce cas, le tombeau ne pourrait être construit que bien après l’an 30.

(2) La famille de Jésus vivait à Nazareth.
Si la famille avait eu un tombeau familial taillé dans le roc, c’est à Nazareth qu’il devait se trouver. (3) La Loi juive exigeait des funérailles dans les 24 heures après la mort (Deut. 21 : 22 – 23), il fallait donc enterrer les défunts proche du lieu du décès. Ainsi, il n’était pas envisageable du tout pour la famille de Nazareth de se faire construire un tombeau familial à plus de 100 km de distance. Le professeur Amos Kloner, archéologue responsable de la fouille du tombeau de Talpiot, déclare que la famille de Jésus était "une famille galiléenne sans liens avec Jérusalem." (4) L’archéologie nous apprend que chaque famille avait son tombeau là où elle vivait. Ainsi les rois hasmonéens avaient leurs tombeaux dans le village de Modiin proche de la côté méditerranéenne (5), et le roi Hérode le Grand, de qui l’on vient de découvrir le sarcophage, était enterré à côté de l’Hérodion, son palais au Sud de Jérusalem. (6) Les familles construisaient leur tombeau là où ils vivaient, c’est donc en Galilée qu’il faut chercher une éventuelle tombe de la famille de Jésus. D’autant que nous puissions le savoir, aucun des 900 tombeaux découverts à Jérusalem n’appartenait à une famille résidant à 50 km ou plus de la ville.

(3) L’ensevelissement du corps de Jésus dans le tombeau de Joseph d’Arimathée (Matthieu 27 : 57 – 60) exclut un tombeau de la famille de Jésus à Jérusalem.
En effet, si la famille de Jésus possédait un caveau proche de Jérusalem, c’est là que ces disciples auraient déposé son corps. Jodi Magness écrit : « Quand les Evangiles nous racontent que Joseph d’Arimathée a offert à Jésus une place dans son tombeau, c’est parce que sa famille ne disposait pas d’un tombeau taillé dans le roc et qu’il n’y avait plus de temps de creuser une tombe en pleine terre ». (7) L’abbé Emil Puech de l’Ecole Biblique de Jérusalem fait la même affirmation. (8)

(4) Le tombeau de Joseph d’Arimathée exclut toute possibilité de découverte d’un ossuaire contenant les restes de Jésus à Jérusalem.
Les tombeaux étaient d’ordre familial, c’est donc pour respecter le repos du sabbat que Joseph d’Arimathée a accueilli le corps de Jésus dans son caveau. Il n’était pas interdit de ré-enterrer un corps quelques jours plus tard. (9) Ainsi, les proches de Jésus auraient pu creuser une tombe en pleine terre quelques jours plus tard pour y déposer sa dépouille. Mais dans tel cas, les os n’étaient jamais remontés à la surface pour être placés dans un ossuaire. D’autre part, nous avons déjà attesté sous le point précédant que le tombeau de Joseph d’Arimathée exclut un tombeau de la famille de Jésus à Jérusalem. C’est étonnant : le tombeau de Joseph d’Arimathée rend toute possibilité de découverte d’un ossuaire de Jésus à Jérusalem totalement impossible !

(5) Aucune inscription des ossuaires n’indique le lieu de provenance.
Un archéologue israélien réputé, le professeur L.Y. Rahmani, a constaté que quand quelqu’un qui n’était pas originaire de la région était enterré dans un tombeau de Jérusalem, son lieu de provenance était indiquée, p.ex. « Simon de Ptolemais ». Quand le défunt provenait de Jérusalem, son ascendance paternelle était indiqué : p.ex. « Martha, fille de Hananya ». Cela veut dire que si le tombeau de Talpiot appartenait à la famille de Jésus, au moins plusieurs ossuaires devraient indiquer son lieu d’origine : Jésus de Nazareth, Marie de Magdala, … Ou aucun ossuaire ne porte la moindre indication d’une localité non-Judéenne. Cette absence totale indique que le tombeau appartenait à une famille originaire de Jérusalem !

(6) Talpiot : trop grand pour la famille de Jésus. L’essentiel de la famille de Jésus vivait en Galilée. Seul son frère aîné Jacques est venu vivre à Jérusalem, probablement avec sa famille (cf. 1 Cor. 9 : 5). Peut-être Marie a-t-elle encore vécu à Jérusalem ? Cela fait au plus une bonne dizaine de personnes, pourtant dans ce tombeau les restes de quelque 35 personnes ont été découvertes. La grandeur du tombeau ne correspond pas à la famille réduite de Jésus à Jérusalem. (10)

(7) Si Jésus était enterré dans le tombeau de Talpiot, il n’y aurait jamais eu de foi en la résurrection.
En effet, les autorités juives connaissaient le tombeau de Talpiot et à qui celui-ci appartenait. S’il avait appartenu à la famille de Jésus, c’est là qu’ils se seraient rendus dès le dimanche de Pâques. Cela ne leur aurait même pas demandé une heure pour vérifier que Jésus était couché sur un des lits funéraires du tombeau (arcosolia). En effet, ce n’était qu’un an après le décès que les ossements restants étaient placés dans un ossuaire. Tous ceux qui étaient perplexes devant le tombeau vide de Joseph d’Arimathée savaient où ils devaient chercher. Les Juifs auraient trouvé son corps et tous les rumeurs de résurrection aurait disparu à l’instant. Si le corps de Jésus se trouvait dans le tombeau familial à Talpiot, les autorités juives n’ont pas pu ne pas aller vérifier sur place et il n’y aurait jamais eu de religion chrétienne.

Appréciation :

L’ensemble des difficultés archéologiques rend l’hypothèse du tombeau de Talpiot comme tombe familiale de la famille de Jésus totalement impossible. Rien que ce que j’appelle le « Nazareth factor » est doublement tranchant : 1) le tombeau familial se trouvait là où la famille résidait : s’il y avait un tombeau familial il devait se trouver à Nazareth et 2) l’absence de toute indication du lieu d’origine sur tous les ossuaires découverts dans le tombeau de Talpiot. Sous le chapitre des calculs de probabilité, nous tiendrons compte de ces deux facteurs dont l’équipe de M. Jacobovici n’a pas tenu compte pour constater le renversement total des calculs de probabilité.

Pour que l’hypothèse de M. Jacobovici puisse être défendable, il aurait dû prétendre que Jésus et sa famille vivaient à Jérusalem. Dans ce cas il aurait pu argumenter son point de vue. Ou que lisons-nous dans la première ligne de son premier chapitre ? « La crucifixion de Jésus de Nazareth est la mort la plus célèbre de l’histoire. » (11) Il confirme bien que Jésus était originaire de la Galilée ! D’autre part, pour défendre son point de vue, M. Jacobovici aurait pu nier le passage du corps de Jésus par le tombeau de Joseph d’Arimathée. Et que lisons-nous dans le 2e paragraphe de son premier chapitre ? « Les Evangiles nous disent que son corps fut … placé dans le tombeau de famille de l’un de ses disciples, Joseph d’Arimathie. » (12) Ainsi, à la lumière des découvertes archéologiques, M. Jacobovici rend toute sa théorie impossible dès la première page de son livre !

Emile Carp

(1) Le Dr. Craig Evans, cité dans « The Jesus Family Tomb : Fact or Fiction ? » http://www.y-zine.com/tomb.htm
(2) Jodi Magness, “What did Jesus’ Tomb Look Like ?” ,The Burial of Jesus. Biblical and Archaeology Society, Washington 2007. Vous pouvez télécharger ce e-livre à l'adresse : http://jesustomb.bib-arch.org/
(3) « Has the Tomb of Jesus been Discovered », Jodi Magness, 5 Mars 2007 : http://www.sbl-site.org/Article.aspx?ArticleId=640, cf. Joe Zias, “The Jesus Family Tomb : Fact or Fiction ?”, http://www.y-zine.com/tomb.htm
(4) Amos Kloner dans le Jerusalem Post du 27/02/2007, « Ce n'est pas vraisemblable la famille de Jésus ait une tombe familiale »
http://www.mondedelabible.com/article/index.jsp?docId=2296909
(5) Jodi Magness, “What did Jesus’ Tomb Look Like ?” ,The Burial of Jesus. Biblical and Archaeology Society, Washington 2007. http://jesustomb.bib-arch.org/
(6) “On aurait découvert la tombe de Hérode”, journal Le Soir du 9 Mai 2007, p. 38
(7) Jodi Magness, “What did Jesus’ Tomb Look Like ?” p. 13 ,The Burial of Jesus. Biblical and Archaeology Society, Washington 2007. http://jesustomb.bib-arch.org/
(8) Emil Puech, L’ossuaire de Jacques, le frère de Jésus, http://www.revue-kephas.org/03/1/Puech41-46.html
(9) Jodi Magness, « Ossuaries and the Burials of Jesus and James », Journal of Biblical Literature 124/1, p. 144, 2005.
(10) Prof. R. Bauckham, The alleged Jesus’ Family Tomb, publié sur le blog de Ben Witherington, article The Smoking Gun – Tenth Talpiot Ossuary Proved to be Blank:
http://benwitherington.blogspot.com/2007/03/smoking-gun-tenth-talpiot-ossuary_9874.html
(11) Le Tombeau de Jésus, Simcha Jacobovici & Charles Pelligrino, p. 19, Editions Michel Lafon, 2007. (nous soulignons)
(12) Idem.